Colombie

CARTHAGENE – MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS !

Comme pour me contredire, la « poste » colombienne a bel et bien rempli sa mission… Bon, il aura quand-même fallu presque 2 mois aux cartes postales pour traverser l’Atlantique… Comme de par hasard, arrivées dans les boites aux lettres françaises le lendemain de mon article sur notre site… ! Peut-être ont-ils eu peur qu’il leur fasse du tort… ! LOL. Ou, plus simplement, les timbres à $2 auront permis le minimum d’un service lent. Bref, tout est bien qui finit bien…

Ah la la ! On en vit des histoires incroyables, quand-même !!! Hein ?!

CARTHAGENE – c’est quoi la poste ?

cartes postales

Pour la nouvelle année, nous avions décidé d’envoyer nos vœux par carte postale de Carthagène. Nous avons donc retroussé nos manches et en avons écrit 23 ! La boutique ne vendant pas les timbres, nous en avons trouvé une autre. N’ayant pas eu le temps de les mettre dans une boite avant notre départ, nous les avons déposées à notre agent Lagoon, qui avait été bien agréable jusqu’alors, pour qu’il les poste avec son courrier. Bien sûr, à vous aussi, l’histoire paraît simple… Mais ça ne se passe pas comme ça en Colombie ! Y’a pas de poste avec des boites de ramassage un peu partout ! Non, non, non ! Notre agent Lagoon, que nous avons eu en ligne, une fois en mer, nous a indiqué que pour envoyer une simple lettre en France, ça peut coûter jusqu'à $50 ! Alors, même s’ils allaient gentiment essayer de les faire partir, nos cartes timbrées à $2 auront peu de chance de quitter le territoire ! Dommage…

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CARTAGENA DE INDIAS – 8 > 16 janvier 2013

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 Carthagène est avant tout une vieille ville espagnole qui a conservé le charme de son architecture coloniale. La ville est classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Ses remparts, ses forteresses, ses balcons légendaires, ses fenêtres barreaux, ses jolies places, ses églises, ses parcs… sont autant de vestiges qui nous donne envie de nous promener, le nez souvent en l’air, dans ses ruelles pavées. Très touristique, elle contraste d’autant plus avec le mini « New York » qui a poussé tout autour d’elle.

 

 

 

 Les remparts épais de plusieurs mètres se sont convertis en lieux de rendez-vous amoureux. Chaque alcôve est occupée par un jeune couple qui s’offre un petit coin caché face aux vagues fracassantes.

remparts

 

 

23Certains colombiens gagnent leur vie comme ils le peuvent. Beaucoup se font marchands en tous genres. On en croise tous les 10 mètres : fruits coupés, jus de fruits, cigarettes, toutes sortes de snaks frits à base de farine de maïs, de fromage, de banane plantain…, bijoux, chapeaux, peintures… Les marchands ambulants arpentent les rues avec leurs chariots ou se postent à un croisement. Les rues sont fourmillantes : beaucoup de touristes mais aussi les colombiens, les gens vivent beaucoup à l’extérieur.

 

 

51Ici, on ne parle qu’espagnol. Et nous ? Pas du tout ! Ce sera notre plus grande frustration. Mais, on s’débrouille avec quelques mots appris à la volée mélangé à du franspagnol, c’est-à-dire des mots français auxquels on ajoute un « o » ou un « a »… Avec ça, quelques gestes, et ça roule. Nous avons quand-même eu, trois ou quatre fois, le soutien de personnes qui entendaient qu’on allait avoir des difficultés à se faire comprendre et qui nous proposaient très gentiment de jouer le traducteur.

A la tombée de la nuit, la belle Cartagena s’habille de lumière et devient romantique. Cette atmosphère fascine les visiteurs qui, assis dans une calèche, sont transportés dans une autre époque.


 

 

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CARTHAGENE - MERCADO BAZURTO

Le marché local par excellence !

En prévision de notre séjour aux San Blas, on décide de faire notre approvisionnement en fruits et légumes sur le grand marché Bazurto. Le but étant d’allier l’utile à l’agréable, repartir avec des produits frais, mais surtout de s’immiscer de la vraie vie des colombiens faisant leurs emplettes ou leur business. Ce dont on ne peut pas se rendre compte dans la vieille ville de Carthagène, chic et touristique.

On voulait du local, ben là, on a été servi ! Géraldine de Scorth nous avait dit : « faut avoir le cœur bien accroché ! ». On a compris pourquoi ! Il est vrai que pour nous, européens, qui sommes habitués aux légumes calibrés, bien rangés sur des étalages sophistiqués, on note un « léger » décalage ! Le premier quart d’heure est même un peu décevant. La saleté nous interpelle. Le sol est jonché de détritus en tous genres. Les premiers pas dans ce gros « bordel » organisé ne nous met pas très à l’aise. On sent les regards se poser sur nous.

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Et puis, on commence à acheter des mangues, puis des aubergines, et en continuant de s’enfoncer entre les étals et en slalomant dans ce labyrinthe gigantesque, nous finissons par oublier, nous même, notre apparence de touristes perdues dans la jungle. Finalement, on en retient les moments forts sympathiques échangés avec le marchand de melon rigolo. Nous ne lui achetons pas ses melons trop fades, pour lesquels il s’extasie pourtant avec un gros « Mmmmh » en le goutant en même temps que nous. Par contre, on lui prend volontiers des caïmitos, un fruit délicieux qu’il nous fait découvrir avec beaucoup de bonne humeur. A un stand de boissons, voulant goûter un jus de framboises, Iris s’aperçoit trop tard que la vendeuse utilise, dans sa préparation, une pâte marron et collante pas très ragoutante, qui était posée au-dessus du bocal de framboises. Le voisin de la marchande de boissons, ayant pitié de nos échanges impossibles avec cette dernière, se propose très gentiment de nous aider. Il parle anglais, ayant un père américain. Grâce à lui, nous avons pu comprendre ce qu’il y avait dans la mixture qu’Iris était en train de boire, il s’agissait en fait d’une pâte faite à partir d’un fruit local : le borojo! On a aussi gouté le sapote, un drôle de fruit qui a un gout de carotte. Il est midi. Nous voudrions encore nous enfoncer dans les halles de ce marché interminable, curieuse de découvrir tous les produits proposés et désireuse de partager encore avec les colombiens… Mais le Capitaine nous attend pour mettre les voiles vers notre prochaine destination…

SapoteBorojoCaïmitos

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DEPART POUR LA COLOMBIE – 26 décembre 2012 > 8 janvier 2013

On attend une fenêtre météo… avec un vent favorable qui voudra bien nous mener à bon port, dans de bonnes conditions. Le voyage de Curaçao à Carthagène, en Colombie, dure trois jours. Cette navigation sera particulière et demande donc plus d’attention aux prévisions avant de partir car le Cabo de la Vela, sur la côte colombienne, est répertoriée comme l’un des cinq endroits navigables les plus dangereux au monde. 3 phénomènes expliquent cela :

1- Sur la côte, une chaîne de montagnes, dont le point culminant monte à 5700m d’altitude, crée de fortes turbulences.

2- Les fonds marins passent de plus de 2000m de profondeur à 100m sur à peine 1 mille de distance, ce qui a pour conséquence de pousser cette énorme masse d’eau contre un véritable mur.

3- La rencontre de 2 courants qui se font face. Le courant général formé par les Alizés (vents d’est) se sépare. Une partie remonte vers le Mexique et crée le fameux Gulf Stream, l’autre partie descend vers le sud, longe le Panama, remonte le long de la côte colombienne et se confronte brutalement au courant général.

Le tout crée une mer agitée avec des vagues opposées et anormalement hautes par rapport à la force du vent.

Fichier GRIBNous avons beau attendre, laisser venir la nouvelle lune qui, selon les dires des anciens, est habituellement signe d’accalmie, les fichiers Grib* n’annoncent pas une météo plus clémente avec les jours qui passent. Les pilots charts** révèlent, aussi, que nous risquons d’attendre encore 40 à 50 jours pour avoir des vents plus doux !

*les fichiers Grib sont des cartes météo marine qui montrent principalement le sens et la force des vents, illustrés par les flèches de vents ici en rouge et en vert, sur une zone choisie, qu’on télécharge sur internet.

**les pilots charts montrent une tendance des météos marines selon un historique d’une centaine d’années, sur une zone et une période données.

Géronimo, fort d’une expérience de plus de six ans avec un tour complet de la terre à leur actif, décide de partir dans une fenêtre météo moins méchante… On réfléchit, on n’y tient pas trop… On en discute, on réfléchit encore… Allez ! Qu’à c’la n’tienne ! On met les voiles le samedi 5 janvier 2013 à 9h30.

1er jour de nav. :

Depuis notre départ, la mer est belle et calme. Nous avons 18/20 nœuds de moyenne. Pour l’instant, la navigation est plutôt douce. Notre cadence est même très bonne, nous avancions à 8,5 nœuds avec le génois et un moteur ce matin et gardons un bon rythme à 7 nœuds de moyenne depuis qu’on a coupé le moteur. Notre but est d’avancer rapidement afin d’éviter une zone de gros vent annoncée sur les gribs pour mardi vers 3h du matin.

La mer s’agite un peu en milieu d’après-midi, avec un vent montant à 28 nœuds, ce qui nous fait monter jusqu’à 9 nœuds. Mais on retrouve ensuite des conditions plus confortables, une fois à l’abri d’Aruba en fin d’après-midi.

La nuit, nous allons bon train à 7/7,5 nœuds, moteurs éteints, selon le vent qui oscille entre 22 et 28 nœuds. La mer est assez calme. Le vent nous rafraichit.

2ème jour de nav. :

La journée, les conditions sont similaires à la veille. Avec 25 nœuds de vent en moyenne, tombé à 15 dans 2ème nuit, et une mer calme à peu agitée, nous aurons finalement passé le cap fatidique de le cabo de la vela tant redouté sans subir le bouillon auquel nous nous attendions. Pfff !!! Un peu décevant, quand-même !

3ème jour de nav. :

Dans l’après-midi, au large de Santa Marta, en Colombie, le vent forcit avec des rafales de 35 à 47 nœuds et devient constant à 30 nœuds en début de soirée. La mer se lève et la houle atteint 3 mètres de creux.

Vers 19 heures, les garde-côtes de Barranquilla nous contactent à la VHF pour nous conseiller de nous éloigner au large, car il existe des hauts fonds dans une zone allant jusqu’à six miles des côtes. Ceci nous oblige à mettre cap au nord et nous positionne perpendiculairement aux vagues. Nous allons donc maintenant être secoués et opter pour un dîner sans préparation !

Nous avons beaucoup de vent durant cette dernière nuit de navigation : 30 à 40 nœuds. Heureusement, nous pouvons continuer notre route vent arrière, en surfant sur les vagues. Notre génois a plutôt l’air d’un tourmentin tellement nous l’avons réduit. Et avec en tout et pour tout ce tout petit bout de voile (envion 4m² au lieu de 60), nous avançons quand-même à 8 nœuds avec des surfs à 11 !

Ecran AISVers minuit, pendant mon quart, un petit triangle vert, signalé par l’AIS*** sur mon écran, m’indique qu’un cargo de 130m de long arrive à notre rencontre à une vitesse de 11,5 nœuds. Il est pile dans notre axe, faisant route face à nous. Nous sommes à la voile et par conséquent, pas trop maîtres de la situation. Impossible de le voir à l’œil nu dans la nuit. Et pourtant, si mes calculs sont bons, il nous reste 24 minutes avant la collision… et on sait tous lequel des deux ne sentira rien ! Je réveille Marc pour avoir son avis de Capitaine, car franchement, je ne sais pas trop quoi faire… Soit je garde mon cap en espérant qu’il me contourne, soit je m’écarte mais je prends le risque qu’il s’écarte dans la même direction… J’ai bien envie de les contacter à la VHF pour leur demander carrément leurs intentions (en espérant qu’ils ne parlent pas seulement espagnol). Le temps presse, ils ne sont plus qu’à 4 miles, soit environ 12 minutes de nous… Quand une voix à la VHF appelle : « Coco dé îles, coco dé îles por Pamplona»… Ouf ! Je suis soulagée d’entendre le capitaine du Cargo. Dans son anglais à l’accent espagnol, je comprends qu’il me demande de garder mon cap et qu’il fera la manœuvre pour me contourner par bâbord. J’avoue que mes quelques minutes de questionnement et d’attente ont été un peu stressantes !

***AIS : Système d’Identification Automatique. Emetteur sur le bateau, qui donne des infos aux bateaux équipés d’un récepteur : sa position GPS (illustré par un triangle vert sur la carte, cliquer sur la photo pour les voir), son cap, sa vitesse, ses dimensions, le type de bateau… Equipement obligatoire uniquement pour les bateaux de marine marchande. Coco d’îles est équipé d’un émetteur/récepteur.

L’épisode du Cargo se renouvellera dans la nuit… Il faut dire que la sortie de Carthagène en est encombrée à perte de vue !

Au petit jour, nous distinguons les contours des gratte-ciels de Carthagène se dessiner dans la lumière du soleil levant. L’image se compose à merveille. Et comme si nous étions attendus, une quinzaine de dauphins viennent nous souhaiter la bienvenue en Colombie, on ne pouvait pas arriver à meilleure heure… La journée commence avec euphorie… On est pressé de découvrir la grande Cartagena de Indias !

lever de soleil sur Carthagène