La transatlantique

l'arrivee

Vendredi 6 Janvier, aux alentours de 13 heures, après avoir remonté notre deuxième énorme espadon (à peu près équivalent au premier), nous apercevons la terre ! Puis, les heures passant, tout s’accélère, on voit les dauphins à nouveau, un oiseau, un avion, un voilier, puis deux, puis trois !

 

Enfin, arrivée calme au mouillage, retour à la civilisation parmi tous ces bateaux ancrés dans la baie de Sainte Anne, la Martinique nous accueille avec ses plages bordées de cocotiers, ses reliefs verdoyants, ses maisons colorées, et son eau turquoise, et, pour compléter ce tableau de rêve, elle nous offre une brève averse tropicale en cadeau de bienvenue, pour nous délivrer de la chaleur écrasante de la journée!

 

16h30, on jette l’ancre, ça y est, on l’a fait ! On a traversé l’Atlantique ! 20 jours de navigation, 19 nuits interrompues par les quarts pour veiller à l’avancée sereine de Coco d’îles et à se battre contre ce fichu pilote qui, il faut le dire, nous aura rendu la vie dure !

 

Enfin, entourés d’eau turquoise, et accablés par le soleil des Caraïbes, l’annexe mise à l’eau pour les balades futures, on a déjà repéré une petite plage sauvage et un restau au bord de l’eau, il est temps de vous laisser pour aller profiter de notre première baignade bien méritée ! Et puis, on compte bien fêter ça, une transatlantique, on en fait qu’une dans la vie, préparez les ti’punch !

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les fetes de fin d'annee

Impossible pour nous de réaliser être à Noël et au nouvel an. Pas de froid d’hiver, pas de décoration dans les magasins, pas de rue illuminée…. D’ailleurs pas non plus de rue, ni de magasin !

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Le père Noël nous a quand-même trouvé. Il est vraiment trop fort ce Père Noël ! Il a apporté plein de petits cadeaux autour du sapin couleur lagon pour les enfants, qui étaient ravis. Loann a déjà chopé les expressions de Tom, quand il a vu la table pleine de surprises, il s’est exclamé : « c’est trop coooool ! », « géniaaaal ! ». Il ne quitte plus son camion « Mack » avec « Flash Mc Queen » qui rentre à l’intérieur ! Et Tom a lu ses 2 BD des Simpsons dans la journée !

la dorade coryphène tant attendue

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Puisque le vent à enfin un peu faibli, notre cadence diminue et nous pouvons mettre les lignes à l’eau.

Pas question de finir cette transat’ sans au moins une de ses fameuses dorades coryphènes, dont tout le monde parle !

La chance nous sourit, et tout le monde se réunit à l’arrière du bateau pour admirer les couleurs changeantes de ce drôle de poisson.

D’abord jaune soleil, avec son arrête dorsale d’un beau turquoise, son dos deviendra vert dès sa sortie de l’eau. Puis, c’est tout son corps qui se prêtera à ce jeu de couleurs pour devenir bleue en passant par différentes nuances de vert. C’est vraiment étonnant !

Et puisque c’est la journée de la dorade, 20 minutes plus tard on en pêchera une deuxième ! Pourvu que ça dure !

Une prise inespérée

En se réveillant ce matin, nous étions loin de nous imaginer la surprise que cette journée nous réservait.

Bien installés dans notre rythme tranquille de traversée, ce fût l’euphorie quand le moulinet de la canne bâbord s’emballa !

Tout le monde à son poste ! Un qui prend la canne, l’autre qui court chercher la gaffe, Tom qui surveille Loann et Nitro, et les filles à la barre et aux voiles !

« Cette fois, c’est un gros ! » dit Julien qui essaye de mouliner.

Chacun se demande de quoi il s’agit quand nous apercevons dans une vague ce que nous prenons dans un premier temps pour un aileron !

La pauvre proie passe alors par toutes les espèces ! « c’est un requin !!! » Tom détale à l’intérieur, son petit frère sous le bras !

« Non, c’est une énorme dorade !! »… « Oh non ! On a attrapé un dauphin ! »… Pour le moment, tout ce qu’on sait, c’est que c’est gros !

On se concentre tous sur cette tâche sombre, quand soudain jaillit dans un saut majestueux, un magnifique espadon !

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Gaëlle, émerveillée par sa beauté, les garçons, grisés par la taille de leur prise, et Laëtitia, impressionnée par le rostre de ce gros poisson qui sera bientôt à bord…

Marc sur la marche arrière gaffe en main, Julien au bout de la canne, et les filles armées de leurs appareils photos, la bagarre commence…

Marc réussi du premier coup à planter notre invité surprise avec la gaffe, mais le point sera pour l’espadon, qui, en une pirouette , se détache en embarque la gaffe avec lui !

« Non !!!! on va quand même pas le perdre !!! »

A cet instant, tous nos espoirs ne tiennent plus qu’à un fil… de pêche…

Et on comprend aisément la peur de nos amis de Philéas, quand ils ont cru perdre leur impressionnant thazar !

On ne perd pas une seconde, Marc récupère la gaffe pendant que Julien éloigne le poisson. Cette fois, c’est gagné, on l’a notre grosse bête ! Notre bel espadon d’une vingtaine de kilos est à bord !

Fiers de notre si belle prise, nous ne manquons pas de poser avec lui, et, même avec son nez en forme d’épée et du haut de ses 1m90 (quand même !!!!), il fait moins le « marlin » maintenant !

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Place à la découpe, tous ridicules que nous sommes malgré notre belle panoplie de couteaux, il aura fallu sortir la scie à métaux pour en venir à bout !

L’équivalent de 15 repas pour notre Nitro ravi, puis, une première moitié qui nous donnera 25 darnes, et l’autre que nous compt(i)ons garder en filets, mais c’était sans compter sur « l’offrande » de Julien au dieu de la mer (d’après sa version), qui fera tomber à l’eau un bon morceau de 4 kilos ... Snif…

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Petite nouveauté pour Nitro, fini les os industriels, il raffole désormais de ses nouvelles petites friandises, de petites lamelles de poisson séchées au soleil.

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La traversée

… 45 minutes après notre départ, le pilote nous lâche ! C’est raté pour cette fois, on fait demi-tour pour tenter de le réparer, retour au mouillage pour la nuit.

Nous sommes (finalement) partis de Gran Canaria, aux Canaries, le 18 décembre direction la Martinique !

C’est parti pour la grande aventure… Traverser l’Atlantique à la voile tous seuls !

3000 milles nautiques (5500 km) sans voir terre…

Et 5000 mètres de fond sous nos coques !!

Départ sur les chapeaux de roues, avec 40 nœuds constants pour la première journée, et des rafales à 47 nœuds, ça annonce la couleur !! Nous avançons à 10 nœuds, avec des surfs à 17,5, à ce rythme, on arrive demain aux Antilles !

Le vent venant d’est, et dans la mesure où nous ne pouvons pas naviguer pile vent arrière, nous sommes obligés de tirer des bords (zigzaguer), ce qui nous rallonge en distance à parcourir. L’avantage, c’est qu’avec 25 nœuds de moyenne durant toute la traversée pour nous pousser de l’autre côté, on a une bonne cadence.

A travers les récits qu’on en avait eu, la transat’, c’allait être cool, un vent doux et constant, une mer calme, des dauphins et des baleines pour nous accompagner pendant nos quarts de nuit, et des journées à bronzer…

Pour nous, ce fût un tout autre programme !

La transatlantique aura rimé avec mer agitée, des heures vaines à guetter les baleines qui se seront obstinées à jouer à cache-cache, le premier ris qui aura lâché au bout d’une semaine, et un vent qui n’aura faibli que trois jours sur toute la traversée… Les quarts de nuits, au lieu d’être reposants, auront été musclés tout comme nos bras à la fin de la transat’ à force de tenir la barre des heures durant puisque le pilote, impressionné par le vent, aura démissionné dès le premier jour !

Finalement, on ne s’en sort pas si mal pour des apprentis marins !

A défaut de baleines, nous auront été convoyés par les poissons volants, qui jouaient à «saute Coco d’îles » toutes les nuits ! Suite à un pari avec ses potes, un d’entre eux, aura visé juste pendant le quart de Julien, qui, aura été touché en pleine tête ! Chaque matin, c’est Loann qui était ravi d’aller récupérer ceux qui s’étaient échoués sur le bateau pour les jeter à l’eau !

 

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A partir de la deuxième semaine, le soleil finit par percer les nuages, et les bikinis sont de rigueur, mais, comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, le dieu de la mer, très certainement grâce à l’offrande de Julien, nous offre de fréquents lavages de bateau, sous forme de grains (grosses averses accompagnées de fortes rafales de vent), qui pimentent un peu plus nos quarts de nuits. C’est le jeu ma pauv’ Lucette ! Comme vous pouvez le constater, le radar nous permet de voir arriver les grains et de pouvoir s’y préparer.

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Photo de gauche : grain représenté par des taches jaunes sur l'écran du radar

photo de droite : grain "en vent et en eau"

 

 

 

La troisième semaine est témoin de notre avancée vers les Antilles, il fait de plus en plus chaud, le jour comme la nuit. L’avantage, c’est que les quarts sont plus doux. L’écran total est désormais de rigueur tant le soleil est brûlant, même si nous avions bronzé progressivement.

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Ça fait drôle de voir le tracé du parcours de Coco d’îles à travers l’océan sur la carte de navigation, on est pratiquement arrivé, nous faisons sans doute nos derniers quarts. Habitués à voir la mer, la mer et rien que la mer, ça fait bizarre de se dire qu’on va revoir la terre, les gens et tout et tout, mais on a hâte d’y être.